11.2.08

Sur la dune – Christian Oster

Voici un roman dont je ne serai pas surpris qu’il devînt un futur scénario d’un film à la française. Il en a tous les ingrédients : une nostalgie certaine, une lenteur de l’action elle-même très ramassée dans le temps, des personnages pittoresques et qui n’arrivent pas à réellement s’assumer ou à exister, un caractère intimiste, sans parler de dialogues minimalistes.

Le thème est simple et pourtant original. Paul, homme sans âge (nous dirons entre trente et quarante), descend sur Bordeaux pour aider un couple d’amis à désensabler leur maison sur les dunes. Lui prend, un peu par hasard, l’idée de s’installer à Bordeaux pour refaire une vie qu’on devine marquée par une succession de vides et d’histoires sans lendemain.

Pourtant, Paul ne trouvera pas le couple d’amis sur place. Ils se sont disputés et sont, chacun de leur côté, rentrés sur Paris. Paul est pris au dépourvu et doit trouver une chambre alors que tous les hôtels ouverts sont pleins. Il n’y a pas d’autre solution que de partager la chambre d’un inconnu, Charles. Celui-ci est marié mais vit à côté de son épouse, Ingrid, qui occupe une chambre seule. Ingrid n’est autre que la femme belle et troublante que Paul a entr’aperçu, le soir, dans le hall d’accueil.

Il retrouvera par hasard le lendemain cette jeune femme qui est elle aussi en train de désensabler sa maison, voisine de celle des amis de Paul. Très vite, Paul va s’immiscer dans la vie de ce couple étrange, dont il côtoie séparément les constituants, jusqu’à devenir un élément indispensable à son évolution.

Derrière une écriture simple et dépouillée, Christian Oster a su trouver le rythme et les mots pour nous inviter dans la tête, les émotions et les fantasmes de ses personnages en mal d’être aimés d’abord parce qu’ils ne savent pas, en grande partie, s’aimer eux-mêmes.

C’est par petites touches, gravées dans des chapitres incisifs, que l’auteur va faire progresser cette relation à trois, puis à quatre, chacun ayant besoin d’un ou deux des autres pour trianguler une relation impossible sans la présence désirée, et savamment provoquée, de Paul. Une fois commencée, impossible d’arrêter la lecture pris que nous sommes dans la musique des sentiments qui, peu à peu, se mettent en place.

Un court roman sympathique et à ranger sans hésitation dans la série des recommandations de Cetalir.

Publié aux Editions de Minuit – 191 pages

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